• 84 Dimanche

    J'ai développé au cours des refus une profonde affection pour l'un des éditeurs qui n'éditent pas mes romans.
    Il faut d'abord poser le contexte : ce roman sur lequel vous travaillez depuis une ou plusieurs années, que, certes, personne ne vous a commandé, et que vous envoyez à quelques éditeurs ciblés.

    Il y en a qui ne vous répondront jamais, mépris évident pour votre manque de talent ou d'entregent. Au début, on pense que le courrier s'est perdu, ensuite on réalise que l'on ne vaut même pas une lettre type, le prix de l'enveloppe et du timbre.
    On met ça dans sa poche, son mouchoir par-dessus.
    Avec tout le reste.
    Il faut de grandes poches, dans la vie, en général.
    Quelques malins vous préviennent au moins, si vous n'avez pas de nouvelles d'ici deux ou trois mois considérez cela comme un refus.
    On prend note.
    Pour la plupart, vous recevez une lettre froide et polie, anonyme, vous ne rentrez dans aucune collection, malgré tout le respect que l'on vous doit et en vous remerciant d'avoir pensé à nous.
    Bien tenté !
    Si vous voulez récupérer votre manuscrit (la photocopie, la reliure, c'est un investissement tout de même), vous pouvez envoyer une enveloppe timbrée avec votre adresse. N'oubliez pas de noter la référence, il ne faudrait pas que l'on vous renvoie le non-livre de quelqu'un d'autre.
    Pour mon dernier roman en lice, Ajouter des étoiles (top titre, non ?), deux éditeurs (de grandes maisons) m'ont renvoyé le manuscrit avec la lettre de refus. J'ai pris cela comme une forme de respect pour mon travail, même si la lettre était aussi neutre que les autres.
    C'était déjà du baume au cœur.
    Mais peut-être n'était-ce qu'une pitié, le sujet de mon livre étant un témoignage de jeunes femmes dans une extrême précarité retranscrit par une narratrice elle-même en galère.
    Tant pis si c'est cela, au moins ils l'ont lu.
    Puis me l'ont rendu.
    C'est honnête, comme refus.
    Et puis il y a la lettre du chat noir assoupi sur un livre ouvert, qui toujours vous répond, qui a lu votre livre et vous parle de lui. Qui vous en nomme les qualités, donne les raisons du renvoi. Ne veut pas votre livre mais reconnaît le boulot.
    Ne vous prend pas de haut ni ne vous ménage, vous considère donc.
    Quel qu'il soit, un retour sur votre texte vous fait avancer.
    Comme un souffle sur la braise, vous attelle au suivant.


  • Commentaires

    1
    Ceccaroli
    Mardi 27 Mars à 12:46

    Bonjour Hélène,

    Le temps des retours est si difficile, je sais de quoi je parle. Et pour la maison au chat endormi, j'ai eu le même type de réponse. Mais finalement, au bout du compte, je crois que je préfère encore les lettre-type. Si elles ont quelque chose de définitif, au moins, elles ne donnent pas de faux espoirs. Du genre, à oui, je leur enverrai mon prochain roman en priorité. Je suis désolée si je semble un peu amère, il y a des jours comme ça, et d'autres où l'on se dit, que, bon, l'important c'est l'écriture.

     

    J'ai commandé à ma libraire votre roman "Le dimanche, je m'appelle Olivier", j'attends son arrivée avec impatience.

     

    Courage

     

    Laetitia

     

    2
    Mardi 27 Mars à 14:02

    <3 <3 <3

    3
    Cat-Mad
    Mardi 27 Mars à 21:11
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