• Le courrier du dimanche

    De Strasbourg, le 310 515

    Ma chère Frangine,

    L'Afrique
    L'Asie
    l'Europe
    les villes ont les pouvoirs
    de tous les continents
    l'Allemagne
    l'Alsace
    celle-ci chante en plus
    un dialecte rugueux
    qui fleure son pesant
    d'histoires incongrues.
    Séjour sans téléphone (panne d'antenne relais), sans ordinateur, le luxe d'être là seulement où je suis.
    Ne rien savoir d'autre.
    C'est la première fois que je reviens à Strasbourg depuis le décès de Philippe, l'impression qu'il est seulement allé boire un verre au Troc Café, qu'il va revenir tout à l'heure, comme à son habitude, rieur.

    La mort est tout de même un tour de passe passe difficile à croire.
    Doro m'emmène sur sa tombe, elle y dépose un carton d'invitation au vernissage de sa propre expo, il y sera pour sûr, il est dans chacune des photos qu'il a faite, moi je plante trois graines d'herbe, nous restons longtemps dans le cimetière, au soleil, dans la verdure des morts, au calme.
    Amis de longue date, des conversations au sujet des absences, des présences, des familles, le livre et ses auteurs, les frasques de la jeunesse et les suivantes, nous rions dans la nuit.
    Un film (anglais) à voir : Locke. Un type dans une voiture au téléphone, rien de plus dans le décor. Intense du début à la fin, j'admire le boulot, je retiens le nom de Steven Knight (et découvre qu'il est également scénariste de Peaky Blinders)
    Même en songe les sentiments tournent court, j'ai failli faire un rêve érotique mais bien que torride cela n'a pas été plus loin qu'un baiser dans le cou.
    Peut-être que je reviens à pas lents vers l'amour.
    Nous en reparlerons bien un jour ou l'autre.
    Prends soin de toi et fais-toi la vie douce.
    Love, Peace, and be Wild.

    Lady Day
    (à l'Est)

    Aujourd'hui c'est poésie en pièce jointe


    P.J. Le silence est un mot qui se dédit, s’ignore
    pour que la langue à jamais l’oublie

    Il se désapprend se défait s’efface,
    voudrait du pointillé faire un continu

    Mais alors les songeurs auraient un problème
    avec l’aération du regard et de l’ouïe

    Où seraient passées les muettes et pâles
    longues plages déplissées sous un ciel de surplace ?

    Ils aiment y fouler l’opulence du sable,
    d’une dune à l’autre inventorier des vides,

    écouter contempler d’un point convoquant l’étendue

    la mer nominatrice énoncer le rivage

    (Clément G. Second )


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