• Le courrier du dimanche

    De Paname, le 120 715

    Mon cher Coloc Bingo,

    Sous les porches
    les enfants endormis
    voyageurs du temps
    lâchent au milieu
    des rêves des passants
    des bombes artisanales
    dont ils ne sursautent plus
    arrangés avec la violence
    préoccupés à viser
    la prochaine bouffée d'air
    les habitants des villes
    ont tendance
    dirait-on
    à se laisser mourir.

    On a beau dire, faire les fiers, on ne sort pas indemne à se frotter à tous ces univers.
    Tous ces regards que l'on croise ou pas, ce partage de temps et d'espace, aussi infime soit-il,
    interfère le destin.
    Cependant, le genre humain, dans son ensemble, fait plutôt profil bas.
    Soyons flous, comme on dit.
    Soirées magiques à la maison des femmes. Une avec les jeunes femmes, où tout circule, l'alcool, les cigarettes, la rigolade, on joue, on se joue, les conversations en dérapages contrôlés à sujets divers, par exemple autour des snipers chez les araignées ou le fait d'écrire je suis Charlie sur le crâne d'Hitler.
    D'ailleurs je cherche toujours un article dont m'avait parlé la Fée du bureau d'à côté, un penseur penché sur la question de suivre Charlie.
    Avec Einstein nous parlons du sentiment d'être adulte qui ne nous a pas effleuré avant nos 50 ans, de l'expérience, de ce qu'on lâche, des vies que l'on reconstruit et la récurrence des sauts dans le vide.
    J'apprends qu'en physique la résilience est la capacité d'un matériau à reprendre sa forme d'origine après un choc. Dans la vie on ne reprend pas sa forme d'origine, on s'adapte à la nouvelle.
    Frangine écoute en boucle différentes versions de Lullaby of Birdland et élit Sarah Vaughan pour la meilleure version. On se le tiendra pour dit.
    Mon dealer de musique m'a fait une clef entière, je bloque sur Madeleine Peyroux.
    Côté écriture, je me situe entre la panne et les vacances, entre la flemme et le lâcher prise.
    J'aurai tout l'hiver pour écrire ce roman n'est-ce pas ?
    Je doute souvent. Ma seule certitude est le parcours humain dans sa traversée à la fois, épique et tragique, fragile et courageuse, magnifique et éphémère, digne et inconsolable, de la vie, l’amour, la mort.
    (Tahar Bekri)
    Si tout va bien, je prends la diligence du Cow-Boy et sa Squaw, à l'aube de la nouvelle lune, et retrouve ma prairie le soir même. Avec Frangine, si tout va très bien.
    Mes tendres salutations à la marmaille.
    Prends soin de toi et fais-toi la vie douce.
    Love, Peace and be Wild.

    Lady Day
    (relationnelle)

    Aujourd'hui c'est poésie en pièce jointe

    P.J. savoure

    les heures sans craintes
    bordé dans le secret du nid
    où seule afflue la lumière

    n'en dévoile aucune graine
    pas même la poussière

    plus tard

    n'oublie jamais
    ces jours à distance
    de l'averse des saisons

    (Fabien Pio)


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