• Le courrier du dimanche

    Du Campement, le 270 915

    Ma chère Frangine,

    Des hennissements de chevaux
    et le ciel qui se couvre
    on rentre les livres
    on penche les chaises
    on plie les transats
    on referme la porte
    à moitié
    de l'autre on regarde l'orage venir
    on tend la main
    pour disperser les nuages
    avant la tombée de la nuit
    on veut être là
    pour la lune rouge
    finalement la pluie ne tombe pas.
    L'afflux de réfugiés n'est pas une "crise", c'est le début d'un effondrement planétaire, Pablo Servigne dans un article où il décrit les facteurs d'effondrement social, l'environnement en première ligne.
    Comme tu le dis si bien :
    Éviter l'empathie avec la souffrance du vieux monde
    Il est cacochyme à bout de souffle
    Tu as raison, nous arrêterons la machine à détruire.

    Dans un film (à voir : Liberté Korkoro de Tony Gatlif), le maire du village donne sa maison à des bohémiens pour qu'ils ne soient pas déportés, quand quelqu'un lui demande pourquoi il fait ça, il répond : Pour faire quelque chose, juste quelque chose.
    C'est une histoire vraie.
    Le monde nouveau a toujours été là, c'est juste qu'il se déploie.
    Ginsberg le squatteur est revenu,
    devenu gros matou il rackette la gamelle de John Pantoufle.
    Nous sommes philosophes par ici : quand il y a des croquettes pour un, il y en a pour deux.
    Il m'arrive souvent de passer une journée sans parler à personne,
    j'emploie ce temps à balayer la cave.
    C'est étrange ce sentiment : savoir qu'il faut partir.
    Le rationnel n'intervient qu'en deuxième lieu, c'est une sensation qui naît d'abord dans l'intuition, dans le senti - ensuite on la justifie.
    J'ai trois mois devant moi pour trier, ranger, empaqueter ma vie.
    Je pense en avoir besoin d'un peu plus pour explorer toutes les possibilités qui s'ouvrent à moi, on dirait un jeu, je suis comme toute ma tribu, curieuse de connaitre la suite du feuilleton.
    A suivre.
    Pour le roman c'est pareil, les préliminaires s'éternisent un peu.
    Pas de poésie en ce moment, j'ai tout donné, je dois nourrir.
    Je lis que toi, tu es comme le monde nouveau, tu te déploies,
    Sista is back !
    Tes poèmes vibrent denses.
    Cela noté, et ce n'est pas qu'une question de vocabulaire, autour de la table ronde, à la cigarette digestive, s'ouvre un débat entre dissidence et résistance.
    Il se clôt sur la citation de Liberté : juste faire quelque chose…
    Prends soin de toi et fais-toi la vie douce.
    Love, Peace, and be Wild.

    Lady Day
    (dissidée)

    Aujourd'hui c'est poésie en pièce jointe

    P.J. J’ai quitté ces pays d’or rouge et d’étendues
    pour des forêts plus proches, des sentiers plus intimes
    des cascades de feuilles et de silence
    abritant le souffle de mes enfants de chair
    abritant un amour à la grâce farouche
    qui tous les soirs
    vient boire à la source.
    Comme les porteurs d’eau, je mesure avec lenteur
    la distance plus grande à chaque pas, chaque perte
    chaque cri, chaque naissance, m’éloignant un peu plus
    de ce que j’ai laissé,
    à mesure que j’avance et m’éloigne de la source
    et que je bois ma vie, le fardeau s’allège ou s’alourdit
    et dans mes paumes je garde
    un peu d’eau et quelques étoiles.

    (Cécile A. Holdban)


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