Blog d'humeur d'Hélène Dassavray
Il s'étonne que je lui parle de foot, ensuite il comprend. Je n'aime que les matchs de nuit. Avec les éclairages, les joueurs ont deux ou trois ombres, parfois quatre, et cela fait comme des étoiles qui bougent sur le terrain, elles s'éloignent, se rassemblent,...
cycle à l’oreille attentive de celui qui de celle écoutant les bords de soi, les bouts du monde ses écoulements tangibles cherche à suivre l’ombre souterraine qui sera source circulant sous la pierre des nuits durant jusqu’au jour où débordera selon l’écho...
Tu ne quittes pas ta maison si ta maison ne te chasse pas Du feu sous tes pieds Du sang chaud dans ton ventre C’est quelque chose que tu n’aurais jamais pensé faire Jusqu’à ce que la lame ne soit Sur ton cou Et même alors tu portes encore l’hymne national...
Au bar le Social Club sur les hauteurs de Sète nous parlons trois amis des choses communes du cœur des pertes et des fracas buvant des whiskys japonais la demi lune comme rousse au-dessus de la mer une mouette dandine sur le muret de la terrasse des mots...
Tu vas avoir quatre-vingt deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Je porte de...
Ce qui les tourmente C'est le silence des marées quand le cœur démâte Le poids de leur propre corps cloué au sol Quand l'eau se retire Ce qui les effraie C'est la nuit qui tombe L'ombre qui boit la lumière jusqu'à la lie du jour La crainte d'être mis...
c'est orchestré la peau les membranes le plasma l'orgasme tout ça un orchestre qui joue en grande symphonie noires blanches les touches du clavier de tes vertèbres ça balance les hanches c'est rythmique c'est compté à la phalange près le corps les trous...
Parfois l'instant est mystérieux et laisse coite, comme ce soir, quand le barman me demande très sérieusement : - C'est votre mari, le roi fainéant ? (Je n'ai jamais eu de mari, c'est le complice avec qui j'assiste au spectacle qui a commandé une bouteille...
Depuis la fenêtre du salon, alors je peux voir le quai de la gare et donc le couple de jeunes gens qui est à vivre sa vie là-dessus, deux jeunes gens qui s'embrassent avec une fougue et une tension oulàlà – nous sommes en présence de plusieurs litres...
Une soirée sans pluie ni vent, comme l'été des autres années, une tablée bonne chair, bons vins, et bon esprit. Au dessert, concert improvisé de l'un des convives, bluesman international, la musique et la voix frissonnent la nuit. A 23h13, la poésie de...
D'un village mythique, tu contemples sous une fine pluie, un double arc-en-ciel au-dessus d'une vallée verdoyante, émerveillée du présent, inconsciente que le monstre n'est plus à la cave, la blessure n'est pas guérie, le chemin encombré. C'est dans la...
Ensuite il faut faire tout le tour de la station car il n'y a plus qu'une seule sortie possible, partout des robocops qui ont l'ait d'avoir douze ans à mes yeux, ils ont le regard dur, comme ceux qui ont peur.La sortie débouche sur la place où arrive...
L'hymne des femmes dans la têtepour le reste de la soiréetout en conversant avec Einsteinde la physique quantiquedevant une andouillette 5Aainsi que des connections de notre cerveauet du peu de certitudes dont est fait le monde.Je songe à cette lettre...
On n'a jamais gagné On n'a jamais gagné contre une horloge qui trafique des soleils il faut y rejouer son coeur toujours avec alors germe un battant de cloche comme un temps qui voudrait sourire pour qu'on l'accueille des deux pieds et tant et tant de...
Devant la lune au-dessus de la falaise, avec la petite étoile qui va bien dans le ciel encore bleu, à la sortie d'une tablée joyeuse et débonnaire - réchauffée au rosé du terroir, où l'on a parlé politique sans être d'accord ni se fâcher, on est en droit...
(Si ce n'est que, distraite, dans ce même mouvement je laisse tomber mes clefs de voiture au fond du conteneur à ordures où il s'avère compliqué de les récupérer. Je saisis l'occasion pour me forger un nouvel adage qui fera rire mes frangines : Les mains...
Voie rapide, la Joliette, soleil couchant. Laisser l'immeuble mégalo, Shangai à Marseille, longer la rampe de béton, se fondre dans le ciel et la mer dorés. La ville silhouette, noire semblable aux ombres de l'Asie, ses lumières lampions accrochés au...
Cette taverne, au fond du Luberon, peut-être même est-ce déjà le Ventoux, tu l'aimerais déjà avant d'y arriver, à cause de la vue, grandiose – à conseiller juste avant le couchant, à l'heure apéritive, dans le rayon qui dore les falaises. Tout y est,...
Si on savait, patron, ce que disent les pierres, les fleurs, la pluie ! Peut-être bien qu'elles appellent, qu'elles nous appellent, et que nous, on n'entend pas. Quand est-ce que les oreilles des gens s'ouvriront ? Quand est-ce qu'on aura les yeux ouverts...
Mauvaise nouvelle pour les Français : la fête est finie. Circulez, il n'y a plus rien à vendre. On a liquidé nos frigos nos ordinateurs maintenant on prend les stocks et on va vendre ailleurs. Et alors quoi ? A part chialer, vous allez faire quoi ? Vous...
J'aime les portes, Les portails de bambou, de fer forgé, d'aluminium Les porte-manteaux Les porte-voix Les porte-paroles Les porte nawak Les ports aussi, les départs en bateau Les portraits d'amis, les potes Les poteaux, les jambes Porthos et Aramis Les...
Je crois que tout ce dont nous rêvons Peut arriver par notre union Nous pouvons transformer le monde Nous pouvons changer la révolution de la Terre Parce que le peuple a le pouvoir De racheter l'œuvre des imbéciles Sur les humbles, les pluies de grâce...
Offenbourg Où l'on dit qu'il fait beau lorsqu'il ne pleut pas.Dans le parking souterrain, une zone réservée aux femmes, fort éclairée, proche de la sortie.Des bûcherons à barbes blanches à la lisière de la Forêt Noire qui borde l'autoroute. Strasbourg...
Ici se penche la mort. S’épanchent les fleurs et tombent des pétales. Vivent les vagues et vivent dans leurs mouvements les ombres : vivent les écumes qui se détachent, nous lèchent. Tout le désarroi dans la poche se crispe dans la main. Dans la paume,...
Tu reviens d'un salon du livre où tu as percuté des mots, des regards, bien rigolé, serré des amitiés dans tes bras, tu roules dans la nuit – légère. Dans les premiers virages de la Combe de Lourmarin, à la radio qui te parle parfois personnellement,...